Nul ne peut découvrir l'Everest comme je l'ai fait d'un coup dans la splendeur de sa lumière d'automne sans nourrir quelque projet d'ascension. Mon esprit d'alpiniste qui le découvrait en vrai pour la première fois depuis le haut du Cho Oyu fonctionnait à toute vitesse : je voyais ici la voie normale chinoise sur l'arête ouest, là le grand couloir Hornbein, là le début de l'arête est qui va vers le col sud et la voie normale népalaise.

la formidable face nord de l'Everest

Je n'ai pas ressenti le manque d'oxygène à 8201m, alors plus haut encore?De gauche à droite : Everest, Lhotse et Nupste

L'Everest à 6h00 du matin le même jour A suivre donc...
En réalité l'Everest est devenu au cours des dernières années un sommet surpeuplé où se rassemblent d'authentiques alpinistes ou himalayistes, mais aussi une foule de gens n'ayant aucune expérience de la montagne et se figurant qu'à coup d'oxygène et moyennant une grosse logistique et un gros chèque versé à une grosse agence, on peut arriver en haut. Je lisais récemment les propos d'un guide : "Everest has become a zoo".
Donc la perspective de pouvoir faire ce sommet de manière sobre et dépouillée n'existe pratiquement pas sur les voies normales chinoise et népalaise.
Enfin le permis d'ascension coûte très cher et la période d'ascension est au printemps et dure 2 mois : autant de raisons qui rendent les choses difficiles.

Entre l'Everest et le Cho Oyu, il existe quatre sommets de plus de 8200m : le Lhotse qui est le voisin de droite de l'Everest et qui donnerait l'avantage de découvrir le versant népalais de la chaîne de l'Himalaya. C'est un sommet difficile et on doit donc y être plus tranquille. Est-il possible de le faire en solitaire ou faut-il être en équipe et encordé?
Il y a le Makalu conquis par les Français Terray et Cousy en 1955 qui culmine non loin de l'Everest à 8463m et que Diego connaît (il a renoncé à cause d'un oedème pulmonaire). Ce sommet magnifique me tente beaucoup, mais là encore c'est difficile.
Enfin si on veut retourner au Pakistan il y le terrible K2 8611m, le plus haut sommet difficile et qui reste une entreprise sportive quand l'Everest est malheureusement devenu un sommet commercial; mais je l'ai peut-être vu d'un peu trop près et trop longtemps en 2005 du camp de base du Broad Peak pour ne pas en avoir peur.

Ensuite il y a des sommets moins élevés superbes qui offrent le confort de la tranquillité et qui offrent tous les niveaux.

Enfin il y a les Alpes et toutes ces voies que je n'ai pas encore faites et qui me font rêver, ces sommets faciles ou redoutables où s'écrit aussi une carrière d'alpiniste amateur : Face Nord et la Face Est des Grandes Jorasses, de l'Eiger (oserais-je jamais y aller un jour?), le Cervin si beau mais si pourri où je n'ai toujours pas mis le pied, le Piz Badile, les Dolomites où je ne suis allé qu'une fois sans même tout voir...
Les montagnes sont innombrables pour notre plus grand bonheur. L'essentiel est de faire des projets et peut-être un jour de les réaliser.