Ce camp intermédiaire évite de monter trop rapidement au camp de base avancé. Il se compose de quelques tentes tibétaines abritant des cafés et boutiques où l'on peut passer le temps et boire du thé en attendant le repas du soir. Autour de ces tentes paissent les yaks qui vont convoyer nos bagages vers le haut.
Demain je serai au camp de base avancé à 5600 mètres. Tout va bien malgré le mauvais temps, il y a en effet beaucoup de pluie et de grêle, il commence à faire froid et le Cho Oyu demeure invisible derrière les nuages. L'armée et la police sont partout il est très difficile par conséquent d'appeler : en m'éloignant pour aller aux toilettes (rien de prévu à ce camp de ce côté!) j'ai la surprise de constater qu'une série de tentes de l'armée se cache derrière la colline qui domine le camp et me reviennent en mémoire les évènements de 2006 qui, filmés par un alpiniste roumain, avaient fait le tour du monde. Une colonne de réfugiés religieux tibétains fuyant l'oppression chinoise s'était fait tirer dessus par des soldats et 2 personnes avaient été tuées dont une jeune fille de 17 ans abandonnée deux jours durant dans la neige à peine plus haut, sur le col du Nangpa La.

Hier j'ai fait un effort important en montant à près de 5600m d'altitude depuis le camp de base chinois, cela se ressent aujourd'hui par un mal de crâne.
L'ambiance est bonne dans le groupe. A l'heure où j'appelle il est 11h16, alors qu'il est 15h03 en France.