Après trois heures de route depuis Katmandou d'abord à travers les immenses faubourgs de la ville devenue tentaculaire, on voit poindre peu a peu la campagne ce qui réjouit l'oeil. Petit à petit on aborde la jungle épaisse et on s'élève le long de la rivière Kodari qui va marquer la frontière avec la Chine.
Lorsque nous arrivons à la frontière, il faut descendre de notre minibus et franchir le pont de l'Amitié à pied et subir une première série de contrôles. Nos bagages sont désinfectés (mais pas nous) et on nous soumet un questionnaire médical et on prend notre température corporelle pour s'assurer sans doute qu'on ne va pas importer de nouvelles maladies occidentales que le grand frère chinois ne connait pas encore.
Après, il faut embarquer dans un mini taxi minable aux suspensions à bout de souffle qui nous remonte le long d'une piste effondrée et à peine carrossable jusqu'aux portes de la ville de Zangmu où se trouve la douane Là, cela ne rigole pas du tout avec des fonctionnaires en uniforme qui ont l'air d'avoir 15 ans et qui exigent de nous mettre en rang pour le contrôle. Seuls les groupes constitués peuvent entrer. Nous avançons de 3 heures nos montres à l'heure de Pekin ( histoire de bien faire savoir aux Tibetains qui règne en maître ici alors que Pekin est à 5000km à l'est) et nous marchons jusqu'à un hôtel tout proche où nous ne dormirons pas puisque la route que nous devons prendre est en travaux tout le jour durant et s'ouvre uniquement la nuit dans le sens montant de 11h à 3h.
Commence donc une très longue attente de 6 heures dans le hall minable et sale d'un hôtel à Zangmu avant de reprendre la route à 23h heures, pour atteindre la ville de Nyalam. La route entre les deux villes est en travaux à cause dit-on des JO de Pékin en 2008. Il paraît que les Chinois veulent faire passer la flamme olympique par cette route pour la monter en haut de l'Everest et de là gagner Pékin. Le projet paraît insensé mais le bruit court que les condition d'ascension du toit du monde seront très restreintes pour les alpinistes en 2008 sur le versant chinois car les autorités craignent qu'on sabote leur entreprise.
Quoi qu'il en soit cela signifie des travaux titanesques sur une route à peine entrevue dans la nuit et le brouillard, mais c'est sûrement le plus grand chantier que j'aie jamais vu de ma vie et il doit employer 4 a 5000 personnes "logées" sur place dans des tentes précaires montées le long de la route de montagne, car on voit très peu de grosses machines hydrauliques et le chantier s'étend sur 45km de montagne.
La jeep et son chauffeur sont déchaînés et nous arrivons le dos bien massé, les cervicales en compote à Nyalam 3 heures plus tard après un ultime contrôle policier auquel on ne comprend rien. Nous avons quitté Katmandou depuis plus de 15 heures et tout le monde est fourbu. Nous nous écroulons dans une lodge, sorte de refuge hôtel assez peu confortable mais on s'endormirait sur un tas de cailloux tant on est fatigué.
Bureaucratie chinoise et travaux titanesques
La petite ville de Nyalam non loin de la frontière chinoise est équipée de 2 cybercafés dont les connections sont aléatoires mais bien réelles. Ainsi sans avoir encore activé mon téléphone satellitaire, il est encore possible de vous donner quelques nouvelles de la frontière et des conséquences des jeux olympiques sur cette région reculée du Tibet.
Par Bruno Buchet dans Chronologie de l'expédition : de Katmandou au sommet du Cho Oyu Le lundi 3 septembre 2007 à 09:24
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